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ARBORICULTURE/
Une accommodation nécessaire mais complexe

L’environnement des arboriculteurs évolue à vitesse grand V. Attentes sociétales, suppression de matières actives, changement climatique… autant de facteurs auxquels il faut trouver des solutions. Tour d’horizon.

Comme depuis des décennies, l’arboriculture rencontre chaque année trois fléaux majeurs dans les vergers : la tavelure, le puceron cendré et les insectes foreurs de fruits. La suppression de produits phytosanitaires tels que le phosmet ne concerne pas que les grandes cultures. Depuis l’arrêt de solutions commerciales comme l’Imidan, les arboriculteurs aussi rencontrent des difficultés pour lutter contre certains ravageurs. Le carpocapse, insecte foreur de la pomme et de la poire, devient de plus en plus difficile à réguler. Les producteurs tentent de développer la confusion sexuelle, une lutte alternative efficace. Mais ce procédé exige un parcellaire groupé, avec des ilots de 2 à 3 ha, ce qui n’est pas le cas sur tous les secteurs. En revanche, si le parcellaire s’y prête, les résultats sont très probants.

DES MATIÈRES ACTIVES QUI SE RARÉFIENT

Autre ravageur, la tordeuse. A ce jour, les solutions phytosanitaires apportent encore satisfaction aux producteurs. Mais la suppression de certains insecticides les pousse à utiliser bien souvent les mêmes familles chimiques de produits. Le risque de développer une accoutumance est donc élevé. Même combat pour le puceron cendré. Le nombre de matières actives disponibles sur le marché ne cesse de diminuer, à l’image des néonicotinoïdes, interdits depuis 2018. Face à cette interdiction, aucune solution alternative efficace n’est proposée aux producteurs. Là encore, l’emploi de produits issus de la même famille chimique est la solution qui leur est proposée, d’où la crainte d’une adaptation de l’insecte. Contre la tavelure, les fongicides à base de chimie sont de moins en moins nombreux sur le marché. Mais les produits autorisés en agriculture biologique montrent une bonne efficacité aujourd’hui. Autre débat, la conservation des fruits en chambre froide. Certaines matières actives ne sont plus autorisées en France depuis plusieurs années. Alors que l’importation de fruits ayant été traités à l’aide de ces matières actives se poursuit. L’Italie, l’Espagne ou encore la Pologne inondent ainsi le marché français. Une concurrence déloyale, dénoncée par la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF).

ALÉAS CLIMATIQUES DE PLUS EN PLUS FRÉQUENTS

Changement climatique oblige, les épisodes de grêle et autres caprices de la nature sont en nette augmentation. Malgré une couverture des vergers par filet bien développée en Indre-etLoire, un nombre important d’exploitations n’est pas encore équipé et subit donc des dégât importants. La fréquence de ces épisodes est malheureusement de plus en plus régulière. Pour les parcelles non équipées, la sentence est double. Car un arbre qui grêle une année d’abondance de fruits ne sera pas très productif l’année d’après, avec le principe de l’alternance. Le producteur concerné perd donc deux années de production. Enfin, les dégâts de gibier concernent aussi de plus en plus les arboriculteurs. La population de chevreuils augmente. Ces derniers agissent à 80 cm du sol sur les jeunes vergers et en mangeant les feuilles, ils diminuent la photosynthèse de l’arbre et donc son développement. Les défis à relever sont donc nombreux pour les producteurs de fruits dans les années à venir. La demande sociétale évolue et tous les producteurs sont prêts à réduire le recours à la chimie. Mais cette diminution ne pourra pas se faire sans solutions alternatives efficaces à coûts maitrisés, gage du maintien de la compétitivité des exploitations fruitières.

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