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Melon du Haut Poitou
L'IGP qui monte dans une agriculture en mutation

« Il est bon, il est bon, mon melon ! Il est d’où, il est d’où ? » Du Haut Poitou! Une IGP dont la campagne a démarré sur les chapeaux de roue. Une saison lancée par un chapître de l'Académie du Melon du Haut Poitou. Parmi les intronisés au château de Chargé à Razines (37), un invité aux propos décapants ou quand le silicium vient en appui au carbone pour une gestion au melon près.   


Les premiers melons du Haut Poitou plantés en avril après un début de campagne périlleux (gel) sont sur les étals depuis quinze jours. Sept millions de plants des 18 variétés autorisées par l’IGP sont en terre, parmi lesquelles trois nouvelles : Aragon, Alezan et Rabelais. Ils sont douze producteurs, regroupés au sein du syndicat des producteurs de melons du Haut Poitou à donner vie à ce produit régional, dont l’aire de production s’étend des Deux Sèvres à la Vienne jusqu’au Richelais. Une production pourvoyeuse de précieux travail saisonnier dans un milieu rural relativement éloigné des grands bassins d’emplois. 
Le syndicat de producteurs chiffre à 1300 personnes l’emploi melonnier sur une campagne, travail au champ pour planter et récolter et en station, pour calibrer et conditionner.  Autant que le soleil, trouver du personnel, reste la grande préoccupation des melonniers qui évoquent tous la rareté de la main d’œuvre. 


La sécheresse risque de réduire les calibres


La saison démarre pour l’instant avec de petits volumes et bons prix. Avec la chaleur, le consommateur a tout de suite répondu présent. La commercialisation ira crescendo jusqu’en août et pour finir sur sa lancée mi-septembre.  
Soleil et chaleur, il ne manque que de l’eau pour faire de 2019 une campagne d’exception. Quand il fait chaud, même très chaud, le melon est comme un poisson dans l’eau. La réserve utile des argilo-calcaires lui offre en sous-sol la fraîcheur nécessaire, lui permettant de transformer en pulpe sucrée le soleil.  C’est l’un des secrets du terroir convoité du Haut Poitou. Avec du gel début avril mais aussi 30°C à Pâques, le printemps a mené la vie dure au melon qui une fois de plus a prouvé « qu’il avait la peau dure » reconnaît Philippe Delafond producteur à Antogny-le-Tillac.  « La canicule n’entraine pas d’avortement de fleurs, explique Isabelle Devant, la technicienne de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire qui suit le réseau de producteurs. Mais quand la sécheresse perdure, la plante réduit les calibres des melons qui pèseront 850 grammes au lieu d’un kilo deux cent grammes». 
Autant dire qu’un peu de pluie change la donne côté tonnage et donc chiffre d’affaire. Les rendements régionaux varient de 15 à 25 tonnes avec une moyenne de 18 tonnes qui porte la production régionale du millier d’hectares plantés (960 ha en 2019) à près de 20 000 tonnes par campagne. « Un volume essentiellement écoulé sous marque producteur chez les grossistes de la France entière et quelques GMS », raconte Camille Raimbault, animatrice du syndicat. La labellisation IGP melon du Haut Poitou n’intervient que sur 2500 tonnes, encore trop peu et le syndicat présidé par Julien Godet aimerait monter en tonnage pour valoriser sa marque régionale et décrocher, peut-être un jour, l’appellation contrôlée. 
Un souhait en tout cas émis par le Chinonais Jean-Max Manceau, ancien président de l’appellation chinon qui a fait partie des intronisés de l’académie du melon du Haut Poitou lors du lancement de la campagne fin juin au château de Chargé (Razines). Parmi les impétrants, une autre célébrité, Bruno Parmentier, un ingénieur des Mines qui s’est fait connaître en tant que directeur d’ESA d’Angers. Auteur de plusieurs ouvrages (1) sur l’alimentation, il intervient souvent en public pour proférer des propos pertinents et décoiffants. Ce bateleur es rhétorique n’a pas manqué son tour dès qu’il a eu le micro pour promettre d’assurer la promotion du melon du Haut Poitou tout en délivrant un message volontariste et optimiste quant à l’avenir de l’agriculture française (voir notre vidéo le site) grâce au développement d’un mode d’agriculture écologiquement intensif. 
(1)     : Nourrir l’humanité (La Découverte, 2007) et Manger tous et bien (Le Seuil, 2011),

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