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Une rampe d’irrigation nouvelle génération à l’étude

 Organisme d’expérimentation, l’INRAe a pour rôle de prendre des risques pour améliorer la productivité de l’agriculture française, tout en l’orientant vers des mesures agroécologiques. C’est à ce titre que l’unité de Nouzilly (37) a investi dans une rampe d’irrigation, plus économe en eau. 

Acteur majeur de l’innovation agronomique en France, notamment en plein champ, l’INRAe a investi dans une rampe d’irrigation nouvelle génération. Ainsi équipé, l’institut de recherche adapte la quantité d’eau apportée à l’hétérogénéité du sol. Contrairement aux enrouleurs auparavant utilisés, le phénomène de battance est limité, notamment à la levée. Cette rampe innovante, fabriquée par le leader mondial en matériel d’irrigation Valley, est cofi nancée par l’INRae, la Région et l’Union européenne. Elle a été inaugurée le 16 juin dernier.

UNE DOUBLE TRAVÉE D’IRRIGATION

Actuellement, c’est la seule installée en France. Elle est en mesure d’irriguer de manière localisée. Pour ce faire, elle est dotée de deux travées pour une longueur totale de 140 mètres, qui permettent d’ajuster la quantité d’eau apportée sur la longueur comme sur la largeur de la parcelle. Comme pour une rampe traditionnelle, la vitesse d’avancement des roues règle la quantité d’eau fournie sur la longueur de la parcelle. C’est au niveau de l’apport d’eau sur la largeur que réside le mécanisme de précision. Sur ses 140 mètres, le modèle dispose de 20 tronçons, soit un tous les 7 m. Equipé d’une électrovanne, chacun d’eux peut être contrôlé séparément. La diffi  culté dans la conception d’un tel outil consiste à maintenir une pression constante de deux bars (contre 6 pour un enrouleur, par défi nition plus énergivore.) Pour stabiliser cette pression, les concepteurs ont opté pour le « tout ou rien. » Autrement dit, si l’agriculteur veut apporter 30 mm sur sa parcelle mais que certains endroits ne nécessitent que 15 mm, la rampe va arroser à hauteur de 30 mm partout. Là où seuls 15 mm suffi  sent, certaines buses de la rampe seront coupées 50 % du temps. Une précision qui nécessite en amont d’avoir une parfaite connaissance de ses sols.

UNE CARTOGRAPHIE INDISPENSABLE

Le recours à ce type de matériel n’a, en eff et, que peu d’intérêt sans cartographie du sol. Ce qui a conduit, dans un premier temps, les chercheurs et techniciens de l’INRAe à mesurer la résistivité électrique du sol (épaisseur, nature, teneur en eau, etc.). De cette mesure sont ressorties des zones homogènes au sein même de la parcelle. Des carottages ont ensuite été réalisés dans ces zones homogènes pour défi nir les caractéristiques physico-chimiques du sol. Riches de tous ces éléments, ils ont pu établir une cartographie précise de la réserve utile du sol au sein de périmètres très restreints. Grâce à cette cartographie, la rampe d’irrigation contrôle les apports d’eau en fonction des veines de terre. Les endroits de la parcelle où le sol est plus profond et/ou plus argileux, qui gardent donc mieux l’humidité, reçoivent moins d’eau. A l’inverse, là où la capacité de rétention est plus faible, l’arrosage est plus conséquent. Autre point : les éventuels chemins entre parcelles. Grâce à cette technologie, il sera possible de ne plus les irriguer, tout comme les zones à fort potentiel. Par ailleurs, couplée à une cartographie des rendements qui émane de la machine de récolte, cette technique permet aussi de moduler les apports, pour par exemple arroser plus là où le potentiel de rendement est élevé.

UNE RENTABILITÉ ENCORE DIFFICILE À MESURER

En tant que rampe d’irrigation et non pivot, et malgré la présence de seulement deux travées, cet investissement peut arroser une trentaine d’hectares sur le site de Nouzilly. Aujourd’hui, sans recul, diffi  cile de dire si l’investissement est rentable. D’un montant de 180 000 euros pour seulement 140 mètres, force est de constater que cette prouesse technologique n’est pas encore prête à être vulgarisée sur le terrain. En revanche, le procédé existe et fonctionne. Reste à en évaluer l’effi  cience économique et écologique. Quelles économies d’eau, d’énergie et donc d’euros à l’hectare ? Pour quelle évolution de rendement ? L’outil est-il fi able dans le temps ? Après le calage du process technique, c’est à toutes ces questions que vont s’atteler à répondre les chercheurs de l’INRAe, lors des prochaines campagnes. 

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