Aller au contenu principal

Vers une stratégie collective de renouvellement du vignoble

  En ce début avril, les vignerons de l’AOC Chinon organisaient leur assemblée générale. L’opportunité pour le président et son équipe de présenter les chiffres de 2022 aux adhérents, avant d’échanger sur les projections envisagées pour 2023.

Comme toute assemblée générale, le rapport financier était dans un premier temps présenté aux soixante vignerons présents en ce début de matinée. Malgré un résultat net négatif pour l’année 2022, la santé financière du syndicat reste saine. Pour Emmanuelle Schlienger, directrice, « ce résultat négatif s’explique, entre autres, par une baisse des rendements qui entraîne inexorablement une baisse des cotisations et donc des recettes du syndicat. » A noter que le montant des cotisations est inchangé depuis 2016. Fabrice Gasnier, le président de l’AOC Chinon, a ensuite présenté le budget prévisionnel, puis les perspectives pour 2023.

DES ÉCHANGES CONSTRUCTIFS

François Demois, membre du conseil d’administration est également intervenu, en tant que responsable en charge de la vie de la maison des vignerons de Chinon, inaugurée en octobre 2022. Il a rappelé que des évènements variés autour du vin y sont proposés de manière périodique à qui veut y participer. Des dégustations sont également organisées. Enfin, François Demois a précisé que des tarifs de mise à disposition préférentiels étaient accessibles aux adhérents, soulignant que « cette maison est avant tout la vôtre. » Sur l’aspect communication, l’omniprésence sur les réseaux sociaux (Instagram et Facebook) participe au succès des vins de Chinon. Aussi, le conseil d’administration reste attaché à l’évènement dénommé « Ce week-end, j’ai vigneron. » Mais le concept évolue pour 2023. L’objectif du syndicat étant dorénavant d’accompagner chaque domaine qui souhaite réaliser des portes ouvertes grâce à ce nom désormais réputé localement vis-àvis des consommateurs. Enfin, un rafraichissement de l’identité visuelle de l’AOC a été réalisée. Les échanges avec la salle ont ensuite permis à bon nombre d’adhérents de s’exprimer sur des sujets d’inquiétudes variés, comme la nouvelle réglementation sur les mentions obligatoires devant prochainement figurées sur les étiquettes. Quoiqu’encore au stade d’étude, la liste des ingrédients ou le nutri-score devraient sans doute être mentionnés d’ici quelques temps. Le président, Fabrice Gasnier, a rappelé que le syndicat ne manquerait pas d’en informer les adhérents dès qu’un texte de loi serait publié. L’approvisionnement en capsules par le syndicat a été également au cœur des débats.

UN VIGNOBLE VIEILLISSANT DONT LES CÉPAGES ÉVOLUENT 

Marie Gasnier, directrice du service prospective à Interloire, est quant à elle revenue sur la dynamique de renouvellement du vignoble de l’aire géographique de l’AOC et de ses perspectives. « La baisse de rendement subie depuis vingt ans (moyenne de 50 hl/ha en 2002, contre 40 hl/ha en 2021) entraîne inévitablement une baisse de la compétitivité des entreprises viticoles », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter que « cette baisse de rendement émane d’une diversité de facteurs importante (court noué, ceps manquants, enherbement des parcelles, aléas climatiques, etc.) » Pour elle, il est indispensable d’agir à l’encontre de ces facteurs après avoir priorisé leur nuisibilité face au rendement. Sur les 2 615 hectares recensés de l’appellation Chinon, 92 % concernent le cabernet franc. Ce cépage, historique de l’AOC, tend à diminuer dans les nouvelles plantations. Il ne représente que 72 % des greffes utilisées dans les plantations de 2022. Il laisse ainsi la place au chenin (autre cépage historique) et à certaines variétés résistantes (cabernet cortis, vidoc, floreal, notamment) Enfin, le vignoble chinonais tend à vieillir. L’âge moyen des parcelles est passé de 36 ans en 2016 à 38 en 2022. Même si un adhérent présent dans la salle a voulu modérer ces propos, précisant que, personnellement, il procédait davantage à l’arrachage de vignes d’un âge compris entre 20 et 30 ans, plutôt que de parcelles au-delà de 60 ans, moins assujetties à la mortalité. Marie Gasnier a conclu son intervention en précisant qu’il fallait à l’avenir construire une stratégie collective de renouvellement du vignoble. Fabrice Gasnier n’a pas manqué de rappeler qu’il entendait bien souvent que la notoriété des vins de Chinon n’était plus à faire parmi les vins du Val de Loire. Il a aussi précisé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat de trois ans, remerciant les partenaires du syndicat, l’ensemble de ses collègues viticulteurs pour leur confiance, les collaborateurs du syndicat pour leur implication, ainsi que sa famille pour son soutien.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 85€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terre de Touraine
Consultez le journal Terre de Touraine au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal Terre de Touraine
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terre de Touraine.

Vous aimerez aussi

Le cortège scande « Ursula go home ». Tous les représentants syndicaux européens demandent son départ de la présidence de la Commission européenne. ©B.R
Ne jamais rien lâcher

Le 21 janvier restera dans les mémoires : les députés européens ont voté pour saisir la Cour de Justice de l'Union européenne sur l'accor

Willy Braud, président de la Cuma du Val de Veude, a salué l’engagement des sept salariés, lors des 30 ans du collectif. ©L.L
La Cuma du Val de Veude, 30 ans de collectif au service des exploitations

Investissements partagés, gouvernance collective, mécaniciens, chauffeurs… En 30 ans, la Cuma du Val de Veude est devenue pour les agriculteurs du

A Saint-Christophe-sur-le-Nais, Catherine Picault réintègre de la betterave fourragère dans la ration de ses vaches salers. ©L.L
La betterave fourragère fait son retour

Délaissée au profit du maïs ensilage, la betterave fourragère regagne du terrain.

N.D
Au secours des œuvres murales monumentales

Conserver et restaurer les œuvres murales anciennes, c’est un métier d’intérêt historique et patrimonial.

Le Cap filière aquacole 2025-2029 englobe les activités de salmoniculture, d’aquaponie, d’algoculture et autres systèmes de production émergents comme la crevette d’eau douce. ©B.R
Un nouveau Cap pour l'aquaculture régionale

Le maintien de l’activité piscicole et aquacole en région Centre-Val de Loire nécessite un engagement de tous.

©D.R
George Sand mise en lumière au Château Raoul

Du 19 décembre au 6 janvier, les Rendez-vous féeriques reviennent au Château Raoul.

Publicité