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Méthanisation : « ll faut monter un projet à son image »

Les méthaniseurs de France se sont réunis dans le Lochois les 28 et 29 septembre. Ils ont pu échanger leurs expériences lors de la visite de l’unité de méthanisation Méthaconnect au Louroux.

L’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) a choisi la Touraine pour tenir son assemblée générale. Les adhérents, exploitants de méthaniseurs ou porteurs de projet, se sont réunis à Loches le 29 septembre dernier. Ils ont eu l’occasion de visiter, la veille, l’unité de méthanisation de la SAS Méthaconnect, située au Louroux. Celle-ci est le résultat de l’initiative collective d’associés de quatre exploitations, proches voisins : Sophie et Samuel Dupuy, Hein Van de Pol, Bruno et Jean-Lou Baudoin et Laurent Granger.

 

C’est aussi le résultat d’une longue réflexion, avec l’objectif de diversifier les revenus, valoriser les effluents d’élevage et participer activement à la transition énergétique. « On y pensait depuis 2011, narre Samuel Dupuy, éleveur porcin. Un premier projet a avorté car ce n’était pas assez rentable. Puis, avec la revalorisation du prix de l’énergie, on a retravaillé la question il y a quatre ans. »

 

Pour affiner leur projet, les associés se sont entourés. « Avec l’association “Valeur Agri Métha”, on a visité plus de 50 unités de méthanisation, on s’est formé. Ça a permis de prendre un an de réflexion », ajoute l’éleveur. Les associés précisent d’ailleurs que, lors des visites d’unités, il ne faut pas regarder que le côté technique. Il est intéressant aussi de voir comment l’agriculteur gère l’installation, quelle est sa logique, combien de temps ça lui prend…

 

L’unité du Louroux, en service depuis un an, est la première fonctionnant en injection sur le département. Le projet avait à la base été pensé en cogénération, puis l’injection s’est finalement avérée possible et intéressante malgré un raccordement à un réseau de consommation à 10 km. Les associés ont fait des appels d’offres auprès de six constructeurs. « Le choix du constructeur, c’est ce qui est venu en dernier, après avoir fait le choix du process. Il faut monter un projet à son image, selon ce qu’on veut en faire, souligne Samuel Dupuy. Nous on a choisi une installation simple, équilibrée par rapport à nos exploitations et en autonomie. » Après les appels d’offres, tout s’est enchaîné en 12 à 15 mois : accord de la banque, autorisations administratives, démarches avec GRDF... L’investissement représente 4,3 millions d’euros.

 

LES EFFLUENTS D’ÉLEVAGE COMME PRINCIPALE RESSOURCE

 En l’occurrence, les associés souhaitaient un méthaniseur dans la prolongation de leurs exploitations, sans traiter de déchets extérieurs, pour ne pas être dépendants de gisements externes. Aujourd’hui, le méthaniseur construit par Planet biogaz reçoit de la part des quatre exploitations une ration de 30 tonnes par jour. Elle comprend 30 % de lisier de porc (provenant de 450 truies), 30 % de fumier (provenant de 200 vaches laitières), 15 % de fumier de porc et menues pailles et 25 % de fumier de volaille, déchets de maïs semence (rangs mâles), Cive d’hiver et issues de céréales.

 

L’unité est dotée d’un process infiniment mélangé avec une préfosse, une trémie, un prémix, deux mono-digesteurs avec agitateurs, une poche de stockage pour le liquide et trois fosses déportées, ainsi qu’une plateforme de stockage du digestat solide. Le temps de séjour est d’environ 80 jours.

 

A l’année, il ressort de l’installation à séparateur de phase 8 000 m3 de digestat liquide et 2000 t de digestat solide. Côté biogaz, 110 nm3/h sont injectés dans le réseau.

 

Durant les 7-8 premiers mois, la gestion du méthaniseur a été assurée par chacun des associés par roulement en binôme, pour se faire la main. Et depuis le printemps, un salarié a été embauché 2 heures par jour pour réduire la charge de travail. Les associés ont insisté sur le caractère chronophage de l’aspect administratif, géré ici par Sophie Dupuy, un critère à prendre en compte.

 

Les adhérents de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France ont profité de la visite pour échanger abondamment sur les détails techniques, la bonne marche de tel ou tel élément, le choix des matériels, l’équilibre des apports... Des partages riches, pour que chacun adapte ensuite son projet à ses besoins et ses possibilités.

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