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Entreprise locale
S’il vous plaît… dessine-moi une poupée Corolle !

Des poupées aux visages d’anges qui sentent la vanille... Corolle fait partie des marques que quasi tout le monde connaît. Née en 1979 à Langeais, l’entreprise française fête cette année un savoir-faire exercé depuis 40 ans.

A Langeais est niché l’établissement principal de Corolle, avec notamment l’atelier de création des modèles et la « clinique » (voir à la suite de l'article). L’entreprise a été rachetée en 1989 par le groupe Mattel, puis en 2018 par le groupe allemand Simba Dickie, mais conserve son indépendance en matière de création. Face à la concurrence asiatique, elle a dû délocaliser sa production en Espagne au début des années 2000, et ainsi supprimer 80 postes locaux.

Une évolution à travers les générations

A chaque âge, sa gamme de poupons. Il en existe de différentes tailles, de 20 à 52 cm, pour s’adapter aux bras des petits. Corolle a également développé tout un éventail de couleurs de peau, pour que l’enfant puisse s’identifier au mieux à son poupon ou bien reconnaître un camarade. Le premier bébé de couleur Corolle avait été créé dès 1984.

La marque a conquis les consommateurs avec l’émotion et la transmission comme signatures ; « les mamans ont joué avec les poupons, petites, et en rachètent pour leurs enfants », illustre Sylvia Vénus, directrice du service création.

Le département création repose sur 6 salariés, qui imaginent et conçoivent entièrement poupons, vêtements et packaging. « 90 % des tissus sont exclusifs, c’est-à-dire qu’ils sont dessinés ici, souligne Sylvia Vénus. Le processus de création fonctionne comme un studio de style », pour la conception d’une ligne de vêtements classique. L’équipe des modélistes choisit d’abord les tendances, les éléments- clés pour identifier sa gamme, travaille sur les couleurs. Elle s’attelle ensuite à la confection proprement dite de la garde-robe des poupons. Les pièces d’habillement sont digitalisées, à l’aide d’un traceur sur une table de digitalisation. Une pièce en papier ressort de cette étape, c’est un patron. Des tests concrets sont réalisés pour faciliter l’habillage et le déshabillage par l’enfant.

Un processus de fabrication exigeant

Les figures des poupons sont inspirées de véritables visages d’enfants, un des secrets de la marque. Un visage-modèle avec une expression est donc choisi. Un dessin technique est réalisé en 3 D, et peut être fabriqué en cire. « Une matière qui permet les retouches ».

Le modèle est alors placé dans un bain d’électrolyse et recouvert d’une couche de nickel ou cuivre (galvanoplastie). Le moule est prêt, les visages en vinyle souple peuvent prendre forme. Ils ne comportent pas de point de jonction, une particularité Corolle. Il ne reste plus qu’ajouter les yeux, les éventuels cheveux et à « décorer » la tête en ajoutant notamment du rose aux lèvres et aux joues, un délicat jet de peinture faisant office de blush. Les membres sont également formés par roto moulage et cousus sur un corps en tissu garni de ouate.

Le cahier des charges est drastique pour de tels produits à destination de jeunes enfants. Le niveau d’exigence de sécurité est très élevé et rien n’est laissé au hasard au niveau de la solidité des coutures, de l’implantation des cheveux, ou encore des yeux, dont l’emplacement est étudié pour qu’ils ne puissent être sortis par les petites mains. Pas moins d’un million de produits sont ainsi expediés depuis Langeais en France et dans le monde.

 

Zoom sur

- La clinique du Docteur Sophie -

Malgré tout le soin apporté à la conception, les poupons ne peuvent résister à tous les assauts des enfants. C’est pourquoi Sophie, salariée du site langeaisien, répare chaque jour les poupons maltraités, envoyés par les parents pour une consultation parfois plus que nécessaire. L’unique clinique de la marque assure près de 500 consultations par an.

« On peut remplacer les yeux, le corps, la tête et les membres », précise le Docteur Sophie. Pour les yeux, le plastique du visage est chauffé dans une étuve pour l’assouplir. Il en existe de différentes tailles selon les poupons et de différentes couleurs. Sophie ne manque jamais de remaquiller le poupon pour lui redonner son air frais. Elle démêle même les cheveux avec une machine fabriquée maison ! Et la démonstration avant/après est bluffante, coup de jeune assuré…

Chaque poupée repart de la clinique avec une tenue d’hôpital, son certificat et son carnet de santé.  

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