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Mobilisation
France, veux-tu encore de tes paysans ?

Les agriculteurs du Centre-Val de Loire se sont mobilisés en nombre contre les attaques qu’ils subissent de toute part.

En début de semaine en Centre-Val de Loire, plus de 300 agriculteurs ont répondu à l’appel à mobilisation lancé par la FNSEA et JA. Ils entendaient dénoncer la stigmatisation de leurs pratiques, alors même que l’agriculture française est classée la plus vertueuse au monde pour la troisième année.

 

La mobilisation portait sur trois points en particulier. D’abord le projet d’arrêté sur les zones de non-traitement (ZNT riverains), porté par le gouvernement. Les agriculteurs refusent l’instauration de nouvelles distances auprès d’habitations et l’obligation d’un délai de prévenance des riverains, alors que des chartes départementales sont en cours de rédaction.

 

Ensuite, les distorsions de concurrence. Sous le slogan « n’importons pas l’alimentation que nous ne voulons pas », la FNSEA et JA dénoncent le double discours de l’Etat. Celui-ci prône d’un côté la montée en gamme, avec toujours plus de règles et contraintes, et approuve de l’autre des accords commerciaux internationaux qui laisseront rentrer des produits agricoles aux normes bien inférieures à celles de l’UE.

 

Enfin, la stigmatisation des pratiques agricoles est insupportable : intrusions, militantisme scolaire, dégradations de matériels, agressions verbales, physiques et médiatiques exercent une pression omniprésente, malsaine et grandissante, sur la profession.

 

Plus de cent points de blocage et de nombreuses autres actions étaient recensées sur toutes la France ce mardi 8 octobre. La pression ne doit pas faiblir, d’autres actions sont envisagées dans les semaines à venir.

 

Distribution de tracts en Indre-et-Loire

En Indre-et-Loire, c’est avec un tract « sauve ton paysan » que les adhérents de l’UDSEA et des JA37 sont venus échanger avec les voyageurs de la gare de St-Pierre-des-Corps. Ils ont aussi distribué des produits locaux pour leur rappeler la qualité des produits agricoles français et leur besoin de soutien.

 

Hervé Lenté, céréalier à Souvigny-de-Touraine, retiendra de l’action le bon accueil reçu : « Beaucoup de gens avaient entendu parler du mouvement national des agriculteurs, qui a été largement relayé par les médias, et ils ont apprécié cette approche positive. » Un tract-une pomme, une bonne entrée en matière pour susciter la curiosité des personnes sans toutefois être intrusif au risque d’engendrer une gêne. « Devant la gare, nous avons rencontré beaucoup de personnes différentes. Des gens pressés mais ayant apprécié le petit cadeau local et d’autres qui ont profité du fait qu’on aille au-devant d’eux pour répondre à leurs questions et les rassurer sur nos pratiques qui sont par définition raisonnées. Par exemple, sur la question des ZNT, le consommateur a l’impression que nous traitons tous les jours et ne comprennent donc pas que les agriculteurs puissent être contre une telle mesure. »

 

Cette rencontre a contribué à rétablir la vérité sur le fait qu’un producteur sera amené à traiter 6 à 7 fois sa culture de blé sur les 9 mois nécessaires à sa production. De ce fait, la personne riveraine pourrait être potentiellement dérangée lors des applications réalisées au printemps, soit au maximum 4 fois. « Il est également important de faire comprendre aux gens que l’utilisation d’un pulvérisateur ne veut pas nécessairement dire épandage de produits phytosanitaires, et si cette action nous a permis d’être en contact avec un public urbain, cela nous a permis aussi de voir que les Tourangeaux sont sensibles aux produits locaux. »

 

Les agriculteurs ont également distribué des verres de lait, offert par la laiterie de Verneuil. « J’ai été agréablement surpris par le nombre de consommateurs, nous précisant que c’est le lait qu’ils achètent », témoigne Philippe Bruneau, le président de la coopérative laitière. Cela confirme néanmoins le fort ancrage territorial de la marque.

 

Les responsables syndicaux ont pu constater qu’ils ont le soutien du grand public. Ils attendent désormais les réponses du gouvernement français. 

 


Quelques chiffres et réalités contre quelques mythes relayés par certains médias

• Le système d’homologation a été modifié, avec 75 % des matières actives retirées du marché depuis 1990, dont les plus persistants, toxiques ou écotoxiques.

• Le Canada autorise les OGM et 46 substances interdites en Europe.

• 91 % des déchets agricoles sont recyclés (1er pays européen).

• La France a le système alimentaire le plus durable au monde selon The Economist.

• De 1990 à 2016, l’utilisation des produits phytos en France est passée de 5,9 kg/ha/an à 3,7 kg/ha/an. Celle du Costa Rica est de 22,9 kg/ha, la Chine 13, les Pays-Bas 9.4, l’Italie 7, l’Irlande 5,8 et l’Allemagne 3,9.  

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