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Majestueux, les rapaces de notre ciel

En Touraine, les yeux non exercés ont l’habitude de croiser des oiseaux de Loire, comme les sternes. Mais dans la catégorie des volatiles, notre écrin naturel n’est pas dénué de rapaces, ces prédateurs de taille.

L’Eperon de Murat, à Ferrière Larçon, est un endroit parfait pour observer les rapaces, avec une vue dégagée à 360 °. C’est le lieu choisi par la ligue de protection des oiseaux (LPO) pour initier locaux et touristes à l’observation de ces drôles d’oiseaux. Et fin août est un moment privilégié puisque la migration de beaucoup d’espèces bat son plein, après leur départ depuis l’Europe du Nord. La Touraine est en effet un lieu de transit, au coeur du couloir migratoire.

 

Un signe de biodiversité

Sur le sentier menant à l’éperon, haies et arbres grouillent de vie à plumes. Les cris des oiseaux se mêlent les uns aux autres. Tourterelle des bois, rougequeue à front blanc, mésange charbonnière, gobemouche noir, rougegorge, pinson des arbres, verdier d’Europe… C’est un signe ; plus le sol est riche, notamment en vers de terre, plus la biodiversité s’y développe, à l’instar des rongeurs, insectes et passereaux… et plus les rapaces trouvent leur compte. L’illustration parfaite de la chaîne alimentaire.

 

Les rapaces sont en effet de grands prédateurs. Avec leur acuité visuelle et leur ouïe si aiguisées, ils repèrent leurs proies de très loin. Le plus souvent de grande taille, ils se distinguent par leur bec crochu, leurs grands yeux, leurs serres puissantes dotées d’ongles et leurs longues ailes.

 

Pour les identifier, il faut faire appel à l’observation de la silhouette et du type de vol, mais aussi à l’oreille et la connaissance de leur comportement. Car il existe en France pas moins de 30 espèces de rapaces diurnes. Les accipitridés en regroupent 22, les pandionidés et les falconidés se partagent le reste.

 

Chacun son garde-manger

L’on peut citer le gypaète barbu, l’aigle royal, l’élanion blanc ; ou encore l’autour des palombes, qui a l’agilité d’un épervier et la puissance et la force d’une buse, c’est dire le respect qu’il impose aux autres espèces... La bondrée apivore, elle, se nourrit d’essaims de guêpes et d’abeilles. Avec sa longue queue et son oeil jaune, elle est pourvue de narines en forme de fentes et de poils près des mandibules qui lui évitent d’être piquée par les hyménoptères. Le balbuzard pêcheur est en plein passage en Touraine en ce moment ; il vole - et pêche - par tous les temps.

 

En Touraine, les rapaces diurnes les plus communs restent le faucon crécerelle, à la recherche de rongeurs et d’insectes, et la buse variable, en lisière de forêts. Les busards Saint Martin et cendrés apprécient les milieux des champs, fournisseurs officiels de rongeurs à chasser. Le milan noir est également très présent. Tous ces rapaces sont légalement protégés en France ; ils ne peuvent être chassés ni capturés. Une réussite puisque qu’après 40 ans, l’aigle royal revient enfin en plaine dans le Cantal.

 

Chacun sa route

Ces rois du ciel se déplacent le plus souvent en se laissant porter par les courants d’air chaud. « L’idéal pour observer les rapaces diurnes, c’est quand le soleil est au plus haut, donc à 14 heures à cette saison. Le soir, ils se posent et arrêtent de se déplacer une heure avant le coucher du soleil », précise Jean-Michel Feuillet, animateur à la LPO Touraine.

 

Des buses passent par là, un épervier, une bondrée, un faucon hobereau, un balbuzard pêcheur... Un circaète Jean-le-Blanc, mangeur de serpents, pointe le bout de son bec aussi. La buse pousse immédiatement son cri, signalant au visiteur que le lieu est occupé et l’invitant à passer son chemin. Chacun son bout de ciel. Tout ce petit monde est en pleine période de migration, mais certains rapaces viennent hiverner en France. C’est le cas du faucon émerillon, du milan royal ou du faucon pèlerin, visible dans le secteur de la cathédrale de Tours.

 

« Cette année, la reproduction a été très mauvaise en Europe, à cause du printemps froid suivi d’une canicule. Avec le froid, il n’y avait pas d’insectes pour se nourrir, les inondations qui ont suivi ont privé les rapaces des rongeurs, puis la canicule est arrivée », détaille l’animateur de la LPO. Les oiseaux de proie subissent, eux aussi, les aléas climatiques. Il faut donc espérer que l’année prochaine sera plus propice à leurs conditions de reproduction.

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